Québec

Le Nord québécois s'étend sur plus d'un million de kilomètres carrés, couvrant presque 80 % du Québec. Il englobe la région administrative du Nord-du-Québec, ainsi que les parties nordiques des régions administratives du Saguenay‑Lac‑Saint‑Jean et de la Côte‑Nord. Près de 140 000 personnes sont directement concernées par cette réalité territoriale, soit 2 % de la population du Québec. Celle‑ci comprend 26 % de Cris, d'Inuits, de Naskapis et d'Innus. La population autochtone connaît une forte croissance depuis quelques années et, de fait, 63,5 % des habitants autochtones ont moins de 30 ans.

Principales industries

Hydroélectricité

Le Nord produit plus de 77 % de l'électricité du Québec. Les projets hydroélectriques sont en pleine expansion avec des investissements estimés à 8,2 milliards de dollars pour trois projets en cours ou menés à terme. Sur les rivières Eastmain, Rupert et Péribonka, ces projets représentent une capacité supplémentaire de 1 753 mégawatts, et entraîneront la création de 32 000 emplois directs et indirects sur une période de neuf ans. De plus, on procède actuellement à des études de conception pour un autre projet hydroélectrique évalué à 7 milliards de dollars sur la rivière Romaine. Cette centrale de 1550 mégawatts pourrait être en service à compter de 2020 et créerait 10 900 emplois directs et indirects.

Exploitation minière

L'exploitation minière représente une part majeure de l'économie du Nord québécois, axée sur les ressources naturelles. En 2005, près de 60 % du montant d’un milliard de dollars consacré à l’exploration et l’exploitation minière au Québec a été investi dans le Nord, tout comme la majeure partie des 22,8 millions de dollars engagés dans la recherche de diamants. Tout le minerai de fer et d'ilménite produit au Québec provient du Nord québécois. Les mines de la région font du Nord québécois le premier producteur de nickel, de cobalt et des éléments du groupe du platine du Québec et le place deuxième pour la production d’argent, d'or et de cuivre.

Industrie forestière

Les activités d'exploitation forestière durable jouent un rôle déterminant dans le développement économique du Nord québécois. La forêt du Nord québécois occupe une superficie de plus de 300 000 kilomètres carrés, soit la plus grande surface boisée au Québec.

Tourisme

Grâce à ses régions sauvages, à ses paysages à couper le souffle et à sa richesse en ressources fauniques et halieutiques, le Nord québécois possède une industrie touristique en pleine croissance. Selon les plus récentes estimations, la région a accueilli 810 000 visiteurs en 2004, récoltant ainsi des revenus touristiques de 166 millions de dollars. Le Nord offre une gamme étendue d'activités : randonnée, canoë, kayak, motoneige, ski de fond, camping sauvage, aérotourisme, observation de la faune et contacts avec la culture autochtone.

Centres de recherche

Le Nord québécois comprend diverses installations de recherche, dont un centre d'études nordiques et plusieurs centres de recherche et de développement en foresterie. Un centre de recherche sur l’aquaculture s'est récemment établi dans la région de la Côte-Nord.

La contribution du Nord québécois à l'économie

Exportations et économie

Le bois d'œuvre, les pâtes et papiers, les métaux transformés et les produits machinés constituent les principales exportations du Nord.

  • Le Nord québécois a effectué pour 2,76 milliards de dollars d'expéditions manufacturières en 1999.
  • Le revenu personnel disponible par habitant, en 2005, était de 18 404 $ dans le Nord-du-Québec, de 22 572 $ sur la Côte-Nord et de 22 123 $ dans l’ensemble du Québec.

Principaux investissements dans le Nord québécois

Investissements de 6,1 milliards de dollars dans divers projets :

  • la mise en valeur des sites miniers évaluée à 885 millions de dollars;
  • la construction de bâtiments miniers évaluée à 161,8 millions de dollars;
  • la relance d’une scierie évaluée à 20 millions de dollars;
  • la construction d’une ligne de transport électrique évaluée à 35 millions de dollars;
  • la construction d’une centrale hydroélectrique évaluée à 54,5 millions de dollars;
  • la construction du projet Eastmain-1-A-Rupert évaluée à 4,9 milliards de dollars ;
  • un projet consacré aux infrastructures de télécommunications de plus de 30 millions de dollars est en cours d’élaboration pour le territoire de la Baie-James.

Perspectives

Au cours des dernières années, le Québec, en plus d'avoir signé des accords importants qui contribuent à la mise en valeur du Nord québécois, s'est doté d'une politique nordique et d'une stratégie de développement économique pour les régions du Nord-du-Québec et de la Côte-Nord.

Plus que jamais, le développement du Nord dépend de l'établissement de partenariats durables entre les populations qui y habitent. La mise en œuvre des accords déjà signés avec les Cris et les Inuits, ainsi que la signature prochaine d'un accord avec les Innus, témoignent de cet engagement.

Grâce à la formation et au développement des compétences, l’accroissement de la capacité de prise en charge du développement économique, social et culturel des milieux nordiques permettra aussi au Nord québécois de relever le défi de l'emploi chez les jeunes.

Il faudrait aussi favoriser la maximisation des retombées économiques et sociales des grands projets de développement dans le Nord dans les domaines de l'hydroélectricité, des mines, des forêts et du tourisme d'aventure pour qu’elles profitent d’abord à la population locale, mais également au Québec tout entier.